Grâce au Club300 d’Allocine, j’ai pu assister hier soir à la projection de Tête de Turc et à la Master Class qui suivait. Ce film est la première réalisation de Pascal Elbé et il partage la tête d’affiche avec son pote Roschdy Zem. Avant de publier la critique, voici un compte-rendu et mes impressions sur la soirée.
La Master Class a commencé avec une interview des deux acteurs par Jean-Pierre Lavoignat puis les spectateurs présents ont pu poser une série de questions. Les deux acteurs ont été très ouvert et ils n’ont pas hésité à rajouter des petites pointes d’humour mais Pascal Elbé a surtout parlé de son film avec passion.
Tête de Turc a été pour lui une belle aventure et un vrai challenge personnel. Il n’a pas voulu d’aide extérieur pour l’écriture du scénario et pour la réalisation. Pour réaliser son film dans un délai très court (six semaines), il a beaucoup été voir sur le terrain pour rencontrer des habitants de banlieues et étudier les futurs lieux de tournage. Son pote Roschdy Zem a beaucoup de respect pour le travail réalisé par Pascal Elbé. Il a parlé de son expérience personnelle et il a avoué ne pas aimer réaliser et jouer dans le même film comme dans Mauvaise Foi.
Pascal Elbé a eu beaucoup de mal à trouver des producteurs pour son film car on lui reprochait de ne pas avoir de « coeur de cible ». En effet, son film ne prend pas position dans le débat sur les banlieues. Il n’a pas cherché à donner une solution au problème car il pense que tous les partis ont leurs raisons et leurs torts.
Ce polar est aussi une fable sur la société. Les acteurs ont tous des nationalités différentes et cela accentue l’ambiance du film choral. Les communautés turques et arméniennes auraient pu être remplacées par d’autres mais il a trouvé qu’elles n’étaient pas beaucoup représentées dans le cinéma français. D’ailleurs, Pascal Elbé n’a pas été inspiré par des films français comme La Haine mais il prend beaucoup ses influences dans les films de James Gray et de Scorsese pour leur attachement à la famille. Il a aussi voulu mettre en valeur les femmes et l’absence du père comme les films italiens et espagnols. Justement, après la Master Class, j’ai pu lui poser une question en privé sur ses inspirations (et j’étais trop fière de sa réponse
).
« J’ai remarqué une grande ressemblance visuelle avec Collision, le film de Paul Haggis, dans l’utilisation des flash et des ralentis, il vous a beaucoup inspiré ?
_ Cela me fait plaisir que vous l’ayez remarqué, j’ai vraiment voulu m’inspirer du travail de Paul Haggis car je trouve que personne a tenté cela en France «
Enfin, il a parlé de la décision d’avoir pris Samir Makhlouf comme personnage principal. Il a choisi ce jeune car il a trouvé qu’il avec une simplicité mais aussi une force incroyable. Il est fière d’avoir choisi cet acteur car il a une vraie mélancolie dans le regard. Pascal Elbé était aussi content que l’ambiance a été bonne sur le tournage et que les acteurs ont tissé de vrais liens entre eux.
Au final, j’ai été très heureux de rencontrer ces deux acteurs pour ma première Master Class et je remercie la Warner et Allocine pour m’avoir permis de participer à cette soirée. J’ai pu prendre quelques photos avec les acteurs et je mettrai à jour l’article avec la vidéo d’Allocine.
9 h 41 min
Merci pour ce joli compte-rendu ! Et bravo d’avoir pu participer à cette Master Class.