Le réalisateur Michael Winterbottom s’est fait connaitre du grand public grâce au thriller Un coeur Invaicu avec Angelina Jolie mais il ne faut pas oublier son excellent drame Jude. Avec The Killer Inside Me, il décide d’adapter un roman noir de Jim Thompson, Le Démon dans ma Peau, déjà porté au cinéma par Burt Kennedy en 1976. Cette nouvelle mouture a déjà fait parler d’elle dans différents festivals américains à cause de sa violence envers les femmes. Pourtant, The Killer Inside Me est bien plus qu’un simple film choc.
Date de sortie : 11 août 2010
Réalisateur : Michael Winterbottom
Acteurs : Casey Affleck, Jessica Alba, Kate Hudson
Durée : 02h00min
Synopsis : Lou a un tas de problèmes. Des problèmes avec les femmes. Des problèmes avec la loi. Trop de meurtres commencent à s’accumuler dans la juridiction de sa petite ville du Texas. Et surtout, Lou est un tueur sadique et psychopathe. Lorsque les soupçons commencent à peser sur lui, il ne lui reste pas beaucoup de temps avant d’être démasqué…

Mélangeant une ambiance très sombre et une photographie étudiée, Michael Winterbottom nous affiche clairement sa faculté à s’adapter aux différents genres. La simplicité, avec laquelle les scènes de meurtre sont filmées, est déconcertante. Sur un air de banjo, Lou massacre avec ses poings la beauté des visages féminins. Il n’éprouve aucun remord et laisse son instinct dicter ses actes. Trop renfermé dans son métier de shérif, il exprime sa rage par le sadomasochisme mortel qui a été réveillé par sa liaison avec sa prostitué. La différence entre les deux visages de Lou véhicule une critique puissante de la société américaine. Pourtant, il faut avoir un certain recul pour comprendre les messages du réalisateur. Au premier abord, le film choque et laisse un goût amer après la séance. On est plongé dans la peau du tueur sans vraiment savoir pourquoi il tue. Révélant tardivement le passé de Lou, le scénario raconte l’évolution d’un simple représentant de l’ordre vers un personnage de tueur sadique. Cette plongée terrifiante dans l’univers d’un tueur est surtout rendu possible avec l’interprétation d’un Casey Affleck épatant.
En effet, le petit frère de Ben Affleck est terriblement efficace dans le rôle du tueur de femme. Son calme et sa furie dévastatrice font froid dans le dos. Peu d’acteurs savent déstabiliser une salle de cinéma avec un simple regard. Après la saga Ocean’s et l’Assassinat de Jesse James, il montre toutes ses capacités pour endosser un rôle titre. Les autres acteurs sont aussi convaincants même si Jessica Alba manque de prestance pour s’affirmer dans un film noir. Sa pudeur ne colle vraiment pas avec le personnage du prostitué masochiste. A l’inverse, Kate Hudson étonne dans son rôle de femme puritaine des années 50 qui essaye d’assouvir les fantasmes de son homme. Elle peut enfin montrer son talent en dehors d’une comédie romantique.

Au final, The Killer Inside Me dépasse largement sa réputation sulfureuse donnée outre-Atlantique. Destiné à un public averti, le film choque par sa violence réaliste mais reste un impeccable film noir. Portée par une solide interprétation de Casey Affleck, la mise en scène radicalement violente de Michael Winterbottom permet d’éviter les longues explications sur la psychologie de Lou et d’apporter un nouveau regard sur la naissance des tueurs psychopathes.
Après avoir lu ta critique brilliante j’ai immédiatement envie d’aller au cinéma et voir ce film!!! Même s’il sera malsain…
J’ai aimé le film pour son ambiance rétro et surtout pour le jeu de Casey, mais je n’irais pas jusqu’à dire qu’il contient en filigrane une analyse de la société américaine… Il faut tout de même lui reconnaître une certaine complaisance dans la façon de s’attarder sur la scène de coups de poing + les scènes « flash back » qui reviennent continuellement, nous montrant Jessica Alba se trémoussant de façon ridicule sur son lit comme une pin up. Au fond, c’est à se demander si le sadisme du personnage n’est pas partagé par le cinéaste. On a l’impression que le moteur du film, pour lui, était la perspective de défoncer la gueule de l’actrice Jessica Alba, comme ça pour voir. Un peu dommage.
Je ne partage pas ton avis, ce film est pour moi entièrement inspiré du dernier film de Pasolini. De la violence gratuite et crue qui analyse la socièté américaine. C’est plutôt son propre goût pour le morbide et le masochisme que le réalisateur à voulu méditer. Ce film est facile, je le qualifierais même de « Pornographique ». Ce n’est pas du tout une étude d’un tueur mais plutôt d’un réalisateur qui à filmé sa dernière dispute conjugale. Affreux, insultant,traumatisant. Je sent que le Marquis de Sade et Pasolini n’ont pas fini d’influençés.
Peut-être. Mais il eut été plus intéressant de faire reposer tout le côté sadique et malsain sur le personnage de Casey Affleck, qui le porte déjà à la perfection, plutôt que d’en rajouter dans la violence au 1er degré.
14 h 12 min
J’ai eu la chance de voir le film au mois de mars au festival du film fantastique, thriller & Science Fiction de Bruxelles et je me suis pris une véritable claque viscérale ! je n’avais pas conscience à cette date que le film allait faire parler à ce point et serait à ce point MALSAIN, je n’ai pas d’autres mots…. C’est crapuleux…